La vigne



Vue aérienne de l'appellation, on peut remarquer l'amphithéâtre que forment les vignes autour du village.


Les cépages


Le Pinot noir
Le Pinot noir est le cépage initiant tous les grands vins rouges de Bourgogne.
 Sa peau est noire, sa pulpe est blanche. Les vins qui en sont issus expriment les petits fruits rouges en jeunesse, puis des notes plus épicées en vieillissant. La bouche est structurée mais les tanins sont fins. 



Le César
Le César peut entrer dans la composition de l'Irancy à hauteur de 10 % maximum. 
Ce cépage rouge aurait été apporté dans l'Yonne par les légions romaines de César, qui apprirent la culture de la vigne aux habitants de la région.
 Il fait partie de l'AOC Bourgogne pour le département de l'Yonne où il a été classé recommandé, mais il est peu cultivé (2 ha). 



Histoire de la vigne à Irancy

Pendant plus de quinze siècles, notre région s'est essentiellement consacrée à la culture de la vigne.
 A la fin du XIX ème siècle, s'est produit un retournement de situation, une suite de plusieurs événements qui vont modifier l'équilibre établi de très longue date entre la population et son environnement. La vigne, peu à peu, se voit remplacée par d'autres activités agricoles. I
l faudra attendre la seconde partie du XX ème siècle pour assister au renouveau du vignoble de l'Yonne.


Les origines du vignoble
L'implantation de la vigne en Bourgogne et dans l'Yonne remonte à la colonisation romaine, les premières traces écrites remontent à l'an 312 après J.C., lors de la venue de l'Empereur Constantin à Autun. 

Le nom d'Irancy, c'est en 861 qu'il apparaît pour la première fois mentionné sur un acte par lequel Charles le Chauve donne une vigne sise en " Vaupaisseau " (Vaupessiot, nom actuel de ce lieu-dit).



Un fort développement
Rapidement, les religieux jouent un rôle très important : l'Abbaye de Citeaux en Côte d'Or, celle de Pontigny dans le Chablisien, et celles de Régny (Vermenton) et Saint-Germain (Auxerre) pour le vignoble de l'Auxerrois.

L'intérêt pour le vin était double : indispensable pour célébrer les offices religieux et vital économiquement pour les richesses procurées par son commerce. 
La présence des voies de communication a également largement favorisé le développement du vignoble. La voie romaine N°1, voie Agrippa et surtout la rivière Yonne, qui permettait d'acheminer, grâce aux coches d'eau, jusqu'à Paris, Rouen, voire même en Angleterre, le vin, mais aussi les bois du Morvan et la pierre des carrières de la région.
Depuis le haut Moyen-Age, la qualité des vins d'Auxerre leur amène une solide réputation à la cour des rois (Henri IV, François Ier, Louis XIII). 
Du XVIIème siècle à la révolution s'engage une lente mais inexorable mutation de la société française ; les villes s'agrandissent, l'industrie naissante, le développement des voies de communication, engendrent une forte demande.
 On produit alors plus, avec des cépages moins fins. 
C'est à cette époque que la superficie du vignoble de l'Yonne atteint son apogée, pratiquement 50 000 ha (contre 6 000 aujourd'hui !). 

Un brutal coup d'arrêt
A partir de la seconde moitié du XVème siècle, apparaît une modification de l'organisation et des conditions de production. Plusieurs fléaux apparaissent, l'oïdium et le pourridié en 1854 et 1857, le mildiou en 1882 ainsi que plusieurs années consécutives de gel. C'est surtout le phylloxéra qui va dévaster le vignoble entre 1886 et 1897. 

Puis les guerres de 1870 et de 1914-18 éloignent temporairement ou définitivement les hommes de nos campagnes, ce qui entraîne le développement d'autres cultures, en particulier la cerise et les céréales grâce aux débuts timides d'une lente mécanisation. 


La naissance de l'appellation

Dans l'Auxerrois la vigne subsiste dans quelques villages dont Irancy, où la vocation viticole est profondément ancrée.
L'appellation " Bourgogne Irancy " a été reconnue par un jugement du tribunal civil de première instance de l'Yonne le 24 décembre 1930. Celui-ci réservait l'appellation " Bourgogne Irancy " aux vins rouges récoltés sur la seule commune d'Irancy à l'exception des vins issus de plants hybrides. A cette époque, le Pinot Noir, cépage bourguignon par excellence, commence à reconquérir les côteaux d'Irancy, où dominent le Gamay, le César, le Tressot, etc…
Le Comité National de l'INAO du 10 février 1977 approuve officiellement le projet de décret modificatif permettant l'adjonction du nom d'Irancy à l'AOC Bourgogne (donc exclusivement issu de Pinot Noir et de César) pour les vins de la seule commune d'Irancy.
Le décret du 2 septembre 1991 officialise l'extension de l'appellation Bourgogne Irancy aux secteurs des communes de Vincelottes et de Cravant, proposée par le syndicat de défense du Bourgogne Irancy.
Approuvée par l'INAO lors de sa session du 4 et 5 novembre 1998, l'AOC communale Irancy vient de naître. Première concernant un vin rouge produit dans l'Yonne, elle salue les efforts de qualité accomplis par les vignerons depuis plusieurs générations et consacre la reconnaissance de l'identité et du caractère du terroir d'Irancy.